
Quelles formes et modes d’engagement de la recherche, des chercheur.e.s et des connaissances scientifiques dans la transition agroécologique ?
Le Défi Clé Octaave annonce sa première école-chercheur. Cette rencontre, visant principalement les jeunes scientifiques de la région, se déroulera « en résidence » du 3 au 5 novembre 2025, avec un double objectif :
- Déconstruire et requalifier la transition agroécologique en croisant les approches systémiques, économiques, techniques, politiques, gestionnaires, etc.
- Clarifier les différentes formes et modes d’engagement de la recherche, des chercheurs et des connaissances scientifiques dans la transition agroécologique
La transition vers des systèmes agri-alimentaires durables fait face à la complexité, l’incertitude, la volatilité, l’ambiguïté et la diversité des situations dans lesquelles elle se déploie. Cette transition est un processus à la fois normatif et darwinien : normatif, puisqu’elle indique ce qu’il convient d’arrêter de faire ; darwinien, car ce qu’il convient de faire est sélectionné dans l’action selon les effets que cela produit. L’agroécologie vient sensiblement réduire cette indétermination en proposant de mettre en place des actions sur la base de principes généraux visant à restaurer une agriculture durable. Ces principes guident la mise en œuvre de solutions adaptées au contexte local, valorisant ses potentialités écologiques, économiques et sociales. Adapter ces principes nécessite donc de mener une véritable enquête pour déterminer ce qui est possible dans la situation à transformer, ce qui marche, et ce qui est souhaitable. Cette enquête engage des choix déterminants pour la vie de l’ensemble des acteurs locaux dont elle va impacter l’alimentation, la santé, l’environnement, l’emploi… La transition agroécologique est donc un processus éminemment politique depuis les choix techniques sur la ferme jusqu’à la lutte contre le statu quo imposé par les principaux acteurs économiques. A un moment où les personnels d’INRAE sont traités d’escrologistes, cette dimension politique ne peut plus être ignorée par les chercheurs et chercheuses. Ceux-ci doivent désormais pouvoir rendre compte de la façon dont ils prennent en charge cette dimension politique dans la construction de leurs objets, dans leurs choix méthodologiques, dans la valorisation de leurs productions scientifiques, et dans leur engagement en tant que scientifique dans la vie publique.
La finalité est de permettre aux participants d’être au clair sur leur rôle dans la transition agroécologique et de pouvoir le justifier, étape clé avant de travailler sur la posture et les pratiques de recherche pour remplir pleinement ce rôle (objet d’une prochaine école-chercheurs envisagée pour 2026).
Equipe scientifique :
- Romain Carrié, INRAE
- Sébastien Chaliès, UM
- Floriane Clement-Kumar, INRAE
- Laurent Hazard, INRAE
- Carine Pachoud, INRAE
- Gaël Plumecocq, INRAE
Inscriptions et informations complémentaires à venir prochainement…