
Diversifier les cultures avec des plantes pérennes, c’est une piste prometteuse pour concilier production, autonomie et respect de l’environnement. Mais comment faire concrètement ? Quels résultats espérer sur le plan technique et économique ? Et comment s’organiser à l’échelle du territoire ?
Rendez-vous en 2026 au fil de trois rencontres qui feront vivre cette université paysanne :
- 27-28 mars : Qu’apporte la diversification dans un système de culture ? Et dans un paysage ?
- 29-30 mai : Comment gérer la diversification ? Quels compromis pour optimiser la diversification ?
- 9-10 octobre : Quels programmes et quelles organisations collectives pour renforcer et disséminer la diversification ?
Contexte
Allier production agricole, utilisation durable des ressources naturelles et conservation de la biodiversité constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour assurer l’alimentation humaine. À l’heure actuelle, le modèle dominant demeure celui d’une agriculture caractérisée par des niveaux de production élevés, mais entraînant une perte progressive de la diversité végétale cultivée ainsi qu’une dégradation des ressources naturelles. Cette érosion de la diversité résulte du raccourcissement des rotations, de l’uniformisation des parcelles, du petit nombre de variétés et d’espèces utilisées, de la disparition des milieux semi-naturels (comme les haies, supprimées au profit de l’agrandissement des exploitations) et de la destruction d’espaces naturels, notamment des forêts, convertis en terres agricoles.
Cette transformation et simplification des systèmes agricoles ont de multiples conséquences environnementales et sanitaires. Elles contribuent fortement aux grands défis globaux que sont le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les changements d’usage des sols et les crises socio-économiques. Face à ces enjeux, il devient prioritaire de développer et de renforcer des formes d’agriculture capables de répondre aux besoins alimentaires tout en préservant l’environnement et la santé humaine, et en limitant la dépendance aux intrants de synthèse.
La diversification végétale est aujourd’hui reconnue, tant dans les sphères politiques que scientifiques, comme un levier essentiel pour transformer en profondeur le système agricole et accompagner la transition agroécologique. Cependant, malgré cet intérêt croissant, les connaissances et références sur la manière d’introduire et de gérer concrètement la diversification « au champ » demeurent encore insuffisantes, et il manque du recul critique quant à la capacité de la diversification à concilier viabilité technico-économique et durabilité environnementale au sein des exploitations. En outre, étant donné que la diversification végétale génère des impacts dépassant l’échelle de la parcelle ou de l’exploitation, qu’il s’agisse d’effets environnementaux (flux d’eau, nutriments, gestion de la biodiversité) ou socio-économiques (approvisionnement, circuits courts, dynamiques locales), il est essentiel de l’aborder et de la relier à l’échelle du territoire.
Malgré ce manque de connaissances, on observe depuis quelques années un renouveau et une émergence d’expériences de diversification végétale portées par les acteurs ruraux. Ces initiatives, souvent riches en savoirs empiriques, apportent des réponses adaptées aux enjeux propres à leurs contextes. Sur le plan institutionnel, un nombre croissant de projets de recherche contribue également à la production de références et de connaissances.
Afin de favoriser l’hybridation et la circulation des savoirs scientifiques et pratiques dans des contextes réels, et d’accompagner la transition agroécologique, différents espaces d’échange, d’expérimentation et de co-apprentissage peuvent être développés, tels que les laboratoires vivants favorisant la construction multi-acteurs de connaissances, les expérimentations à la ferme ancrées dans les réalités locales, ou encore les universités paysannes valorisant les savoirs issus de l’expérience collective.
Dans ce projet, nous proposons la mise en place d’une université paysanne, conçue comme un dispositif associant savoirs locaux et savoirs scientifiques, et mobilisant de manière articulée la formation, l’action et la co-construction de projets. Pour ce faire, nous nous appuierons sur l’expérience de l’université paysanne dédiée à la restauration environnementale et aux systèmes agroforestiers en Amazonie, mise en œuvre entre 2024 et 2025 par l’Université Fédérale du Pará, l’Université Fédérale Rurale d’Amazonie, l’Embrapa et le Cirad.
Finalité et objectifs de l’Université paysanne
Afin de renforcer les capacités d’action des acteurs ruraux d’Occitanie face aux enjeux agricoles et environnementaux actuels, et de confronter les connaissances scientifiques à des savoirs expérientiels, nous proposons de créer un espace d’échange et de co-apprentissage nommé « Université paysanne ». Cet espace vise à favoriser la rencontre entre savoirs issus de la pratique et savoirs scientifiques autour des questions de diversification des systèmes de culture à base de plantes pérennes et de leurs impacts environnementaux, techniques et socio-économiques.
L’Université paysanne rassemblera une diversité d’acteurs - agriculteurs, techniciens, enseignants, étudiants, chercheurs, associations, etc.– afin de partager et co-construire des connaissances utiles et adaptées aux réalités rurales de la région Occitanie. Elle vise également à stimuler l’engagement collectif de ces acteurs dans la gouvernance territoriale et dans la mise en œuvre de politiques publiques pour une transition agroécologique durable.
Déroulé de l’Université paysanne
La diversification végétale recouvre une large gamme de situations et de pratiques. Dans le cadre de cette Université paysanne, elle sera abordée au sein de systèmes agroforestiers en milieu tempéré, qui émergent en France et en Europe en raison de leur fort potentiel écologique, agronomique et social, mais qui restent encore très peu étudiés à ce jour et qui font face à plusieurs freins sociotechniques et économiques.
L’Université paysanne se déroulera autour de trois rencontres de deux journées, au cours desquelles la diversification sera explorée selon une approche transdisciplinaire, permettant de partager et co-construire des savoirs sur différentes dimensions : écologiques, agronomiques et socio-économiques.
PROGRAMME
Première rencontre – 27 et 28 mars 2026
aux alentours de Toulouse
- Vendredi 27 mars
Matin : Apprendre à se connaitre + visite d’une ferme diversifiée dans le Gers
Après-midi : Echanges sur les méthodes pour observer et mesurer l’effet des systèmes agroforestiers - Samedi 28 mars
Matin : Atelier sur les indicateurs d’évaluation des systèmes diversifiés
Après-midi : Visite d’une ferme diversifiée en Hte.-Garonne
