
La transition agroécologique à l’épreuve de l’engagement des scientifiques :
une école-chercheur sur les dimensions politiques et éthiques de la recherche en agroécologie
Chercher, s’engager, transformer
Le Défi Clé Octaave annonce sa seconde école-chercheur. Cette rencontre, vise les scientifiques qui s’interrogent sur leur pratique de recherche, leur rôle et leur implication dans les recherches sur la transition agroécologiques Elle se déroulera « en résidence » du 16 au 19 novembre 2026, à Sète (34), avec un double objectif :
- Déconstruire et requalifier la transition agroécologique en croisant les approches systémiques, économiques, techniques, politiques, gestionnaires, etc.
- Questionner le lien entre la manière de faire de la recherche et l’examen de ses conséquences sociétales.
Notre société doit engager des transformations profondes pour enrayer le changement climatique, à la pollution, à l’effondrement de la Biodiversité et l’accroissement des inégalités sociales (IPBES, 2019). La transition agroécologique s’inscrit dans cette perspective en visant un changement radical de nos systèmes agri-alimentaires. La recherche est attendue pour accompagner ces changements transformatifs. Conduire une recherche sur et pour la transition agroécologique comporte donc une dimension politique qui vient heurter la croyance d’une neutralité scientifique. En choisissant de déployer leurs recherches dans une perspective de transition agroécologique, les scientifiques s’engagent. Cet engagement les oblige à une double justification de leur recherche : celle de son intégrité scientifique vis-à-vis de ses pairs, celle de sa responsabilité politique et sociale vis-à-vis des humains et des non-humains. Nous travaillerons cette double justification en questionnant les choix d’une stratégie de recherche et l’examen de ses conséquences pour la société et la nature afin de travailler à rendre compte de l’engagement du.de la chercheur.e dans les transformations sociétales, de la qualité de ses recherches et de ses implications (plutôt que ses applications) pour une vie meilleure. Au cours de cette école chercheur Octaave, nous proposons de travailler collectivement sur les défis à relever pour concevoir une recherche engagée et en rendre compte, permettant à chacun et chacune d’affiner son positionnement dans ces propres recherches. Ce travail, et la rigueur qu’il impose, permettra à chacun et chacune de développer et justifier une recherche transformative, impliquée, en tenant à distance les accusations de militantisme et d’asservissement idéologique.
Référence bibliographique :
- Coutellec, L. (2019). Penser l’indissociabilité de l’éthique de la recherche, de l’intégrité scientifique et de la responsabilité sociale des sciences: Clarification conceptuelle, propositions épistémologiques. Revue d’anthropologie des connaissances, 132(2), 381-398.
Proposition pédagogique : réaliser un travail de co-conception
- Introduction à l’école-chercheur
- Liberté académique et engagement de la/du chercheur.e / Présentation de cadrage et partage d’expérience
- Théâtre-forum
- Repolitiser la transition agroécologique / Atelier
- Une recherche avec qui, pourquoi et comment ? / Atelier
- L’activité du chercheur en tension / Atelier
- Intermédier : activités et dispositifs pour accompagner la transition agroécologique / Table-ronde
- La fabrique de l’ignorance / Ciné-débat
- Clôture de l’école-chercheur
Modalités logistiques
- Début le lundi 16 novembre à 12h ; fin le jeudi 19 novembre à 14h
- Prise en charge des repas et du logement par le Défi Clé Octaave ; Frais de déplacements à la charge des scientifiques et de leur unité
Equipe de formation
- Anaïs Boury-Esnault est ingénieure agronome et travaille au sein de l’association Agropolis International à la coordination et l’animation du Défi Clé Octaave – un dispositif régional de soutien aux recherches sur la transition des systèmes agricoles et alimentaires vers l’agroécologie. Elle s’ancre notamment dans le « faire science ensemble » et s’appuie sur des activités d’intermédiation pour renforcer les liens entre les scientifiques et les acteurs du territoire.
- Romain Carrié [Agronome] – INRAE
- Sébastien Chalies est professeur des universités à l’université de Montpellier. Anthropologue, il travaille sur la construction du sujet au travail et/ou en formation. Plus largement, il participe à une anthropologie de la vie professionnelle, vie professionnelle prise dans des métiers en mutation compte tenu d’enjeux sociétaux majeurs (écologiques, sociaux et solidaires.
- Floriane Clément est chercheuse INRAE à l’UMR Dynafor à Toulouse. Elle s’intéresse à la mise en œuvre des politiques publiques environnementales au travers d’une analyse croisée des institutions et des discours. Ses travaux interdisciplinaires font dialoguer différent champs, notamment les études des communs et la (feminist), political ecology. Récemment, elle a mené un projet de recherche-action participative dans le Nord Comminges sur autonomie des agriculteur.rices et transition agroécologique.
- Laurent Hazard est chercheur à INRAE de Toulouse, où il travaille sur l’accompagnement à la transition agroécologique. Ses recherches s’appuient sur une approche pragmatiste de l’enquête, associant production de connaissances, et transformation des pratiques dans des formes d’expérimentations collectives.
- Carine Pachoud est géographe à l’UMR AGIR à INRAE Toulouse. Ses recherches s’inscrivent en agroécologie politique et portent sur l’autonomie des agriculteurs et l’autonomie alimentaire au sein des territoire. Ses recherches s’intéressent aussi à des questions d’ordre épistémologique, et en particulier à l’autonomie, l’engagement la responsabilité des chercheurs, ainsi qu’aux enjeux de liberté académique.
- Lucie Viou [Animatrice du Défi Clé] – Agropolis International
